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 Citroën SM (1970)

Née chez Citroën, sur les chaînes du quai de Javel à Paris, mais dotée d’un brillant et un peu fragile moteur Maserati, la SM est une voiture à part. Berline de grand tourisme, française de grand luxe, elle est aussi une sportive en robe de soirée. Longue, large et impressionnante avec sa proue pointue barrée d’un large bandeau de verre recouvrant les phares, cette Citroën hors normes fut et reste une voiture de rêve. Lorsque le constructeur au double chevron la dévoile, au salon de Genève en 1970, la presse et le public n’en croient pas leurs yeux. Personne n’ignore que Citroën a toujours réalisé des produits surprenants la DS par exemple mais une telle voiture, puissante et sûre, si différente de tout autre véhicule existant, déchaîne les passions. Les journalistes s’enthousiasment pour la SM. Le public aussi.

Douze mille neuf cent vingt exemplaires de SM sortiront des usines entre 1970 et 1975, dont 60% partiront à l’étranger. Parmi les pays qui l’importèrent, les États Unis furent les plus convaincus par les qualités routières de cette Citroën pas comme les autres. Après avoir remporté en France la « Palme d’or » décernée par le magazine L’Automobile, elle reçoit, outre Atlantique, l’hommage de Motor Trend, l’une des plus importantes revues automobiles américaines « Elle possède pratiquement toutes les qualités de ses concurrentes, mais elle offre en plus une séduction unique et irrésistible pour tous ceux qui aiment l’automobile » écrit le magazine américain.

Élue, après des tests de longue durée, devant de sérieuses rivales comme la Porsche 911 S, la Jaguar XJ6 la Ferrari Dino 246 ou la Cadillac Eldorado, la SM est l porte drapeau de l’industrie automobile française.

Dans son pays d’origine, la limousine au capot sans fin et à l’arrière tronqué devient la voiture des homme : d’affaires et des stars. Malgré ses deux portes exclusive très larges ’ elle peut emmener dans un espace habitable très confortable quatre personnes. Son puissant moteur V6 de 2 670 cm3, qui développe 270 ch, lui per met de filer à plus de 220 km/h. Équipée d’une révolutionnaire suspension hydropneumatique et d’une direction assistée à rappel asservi à la vitesse qu’il faut découvrir prudemment avant utilisation, la SM est également un modèle de technologie.

Elle séduit les stars, les présidents de la République, le shah d’Iran, Alain Poher, Valéry Giscard d’Estaing et... les gendarmes. Ces derniers voient en elle l’arme absolue pour lutter contre la vitesse et pourchasser les contrevenants sur autoroute. Combien d’automobilistes conduisant de puissantes sportives ont vu arriver dans leur rétroviseur la « gueule » d’une SM bleu France, avec gyrophare ?

Souvenirs cuisants...

Aujourd’hui, la SM appartient à la légende automobile française. Des clubs ont fleuri un peu partout, en Europe et aux États Unis. Les possesseurs de Citroën Maserati avouent caresser la carrosserie de leur belle écouter longuement le moteur italien ou encore admire la planche de bord et ses larges compteurs de forme ovale qui la caractérisent. On possède une SM comme on acquiert un objet de collection, une oeuvre d’art. Vo i ture différente elle fut, voiture différente elle restera. U SM est pour toujours une Citroën hors normes, à l’a rrière de laquelle prend place, encore aujourd’hui, h chef de l’État fraîchement élu pour aller de l’Élysée l’Arc de Triomphe. Une manière de rendre à cette française l’hommage qu’elle mérite. .

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