Countach. Ce seul mot est une invitation aux rêves les plus fous. C’est probablement ce que vécut l’un des ouvriers de Bertone, en 1970, lorsqu’il s’extasia devant le prototype de cette voiture sans égale. « Countach ! ». Une exclamation argotique marquant, en italien, la surprise, l’admiration. Involontairement, cette italienne signée Lamborghini venait d’être baptisée. Et d’un nom qui, contrairement aux autres modèles, ne rappellerait pas la tauromachie.
La Lamborghini Countach reste, aujourd’hui encore, une voitu ;e d’exception. Remplacée désormais par la Diablo, elle fut l’aboutissement du fameux « style en coin » des années soixante dix.
Présentée dans sa version proto en 1971, la Countach ne sort véritablement des chaînes qu’en 1974. Plate, large, caractérisée par une face avant en lame et surtout par des portes s’ouvrant en élytre, elle devient monstrueusement impressionnante lorsqu’elle roule, de nuit, avec ses quatre projecteurs avant escamotables, sortis de leur logement.
A bord, cette Lamborghini là est aussi étonnante. Les deux passagers sont pratiquement couchés et la large planche de bord qui rassemble huit compteurs ronds s’étire vers le passager. Ici aussi, toutes les lignes sont tendues. Et, lorsque la clé tourne dans le contact, la musique devient un véritable concert.
Sous le capot, en remplacement du douze cylindres de 5 litres présenté sur la version initiale, c’est un V12 de 4 litres qui est proposé en 1974. Cet extraordinaire moteur, qui délivre une puissance de 370 ch, autorise une vitesse maxi de 310 km/h. Légère, bien équilibrée, L Countach est une arme redoutable sur la route. Longue di 4,15 m pour une hauteur de 1,03 m seulement, cette anti Ferrari déchaîne aussitôt les passions. Tous les amateurs de sportives prestigieuses la veulent. Et son succès dure jusqu’à la fin des années quatre vingt. A cette époque, la Countach ne dispose plus d’un douze cylindres de 4 litres, mais de 5 litres. Celui dont sera extrapolé le 5,7 litres de celle qui la remplacera : la Diablo.