Lorsque s’ouvre le traditionnel salon automobile de Turin, fief de Ferrari, en 1963, journalistes et visiteurs n’en croient pas leurs yeux. Ferrari n’est plus le seul constructeur européen à fabriquer des moteurs 12 cylindres. Lamborghini, jusque là spécialisé dans la construction de tracteurs, présente lui aussi un V12 dans une voiture à la ligne tortueuse et sans grande harmonie. Elle s’appelle 350 GTV et sa vitesse maxi annoncée est de 280 km/h.
Mais le modèle à succès de la firme fondée par Ferrucio Lamborghini, sa plus grande réussite commerciale aussi, reste la P 400 Miura. Lancée en 1966, cette voiture carrossée par Bertone offre une silhouette surbaissée et ultra sportive, avec une partie arrière taillée à la hache. Les deux portes sont à ouverture classique, mais le long capot avant et le capot moteur s’articulent aux deux extrémités de la voiture. Ainsi, le capot avant se lève vers l’avant, et le capot arrière, vers l’arrière.
Haute de 1,05 m seulement pour une longueur de 4,37 m et une largeur de 1,76 m, la Miura dispose d’un gros V12 placé transversalement juste derrière les deux sièges. La boîte de vitesses à cinq rapports est signée Lamborghini elle aussi et la Miura, forte de ses 375 ch, file à plus de 270 km/h dans un bruit exceptionnel. Lors des essais, la voiture est jugée par la presse comme la voiture de série la plus rapide et dont le pilotage s’apparente le plus à celui d’une véritable voiture de course.
Abandonnée en 1971, la Miura laissa sa place à une autre sportive de légende marquée du taureau noir Lamborghini : la fabuleuse Countach. Autre voiture, autre rêve.