Si la moto fonctionnant à l’électricité n’est pas pour demain, celle d’aujourd’hui a largement besoin d’électricité pour rouler !
On a vu qu’elle constituait le réservoir d’énergie électrique nécessaire, en particulier, à l’allumage. La batterie sert aussi à alimenter le démarreur (les motos qui en sont dotées sont de plus en plus nombreuses), mais surtout l’ensemble du dispositif d’éclairage et de signalisation, ainsi que, sur de nombreuses motos, les différents instruments (jauge, pompe à carburant, etc.) et accessoires (avertisseur, radio, C.B.) fonctionnant à l’électricité.
De taille réduite par rapport à celle d’une voiture, la batterie n’en possède pas moins une structure identique : elle se compose ainsi d’un bac étanche en matière plastique (souvent transparent pour qu’on puisse lire le niveau), dans lequel se trouvent des éléments (plaques en plombs) baignant dans un mélange d’eau et d’acide (électrolyte). Ces plaques sont reliées à deux bornes (positive et négative). La borne négative est raccordée au cadre de la moto, la borne positive est reliée au conducteur d’alimentation générale de la moto.
Comme dans toute installation électrique, il faut une sorte de tableau de répartition et des fusibles de protection. C’est le rôle de la boîte à fusibles. Ces derniers sont pour la plupart regroupés au point de départ des différents circuits alimentant un ou plusieurs éléments consommateurs d’énergie électrique, ils sont strictement calibrés pour fondre lorsqu’un échauffement anormal se produit sur le conducteur.
Un tel échauffement peut avoir deux causes :
un court circuit par défaut d’isolation du conducteur électrique ou par défaillance d’un appareil ;
une demande d’intensité supérieure à celle pour laquelle le circuit a été conçu : branchement d’un nombre excessif d’appareils ou d’un appareil de trop forte puissance (projecteur, par exemple).
Il comprend tous les conducteurs nécessaires à l’acheminement du courant vers les différents organes ou équipements consommateurs. Comme sur une voiture, il est devenu très complexe, surtout sur les motos haut de gamme. il est composé de câbles de différentes sections, dont la gaine isolante est colorée pour permettre l’identification des conducteurs (un schéma de câblage est en principe fourni avec le carnet et le manuel d’entretien de la machine). Chaque fois que c’est possible, les câbles sont réunis sous une enveloppe isolante supplémentaire, d’où l’appellation de « faisceau ».
Sur la plupart des machines, les appareils sont alimentés par un câble raccordé au positif de la batterie (+) ; le retour à la masse se fait alors directement au niveau des appareils, par le cadre (auquel est raccordé le négatif de la batterie ( ). Pour une plus grande fiabilité, certains constructeurs ont opté pour un retour à la borne négative de la batterie par conducteurs ; chaque appareil est alors alimenté par deux câbles, ce qui complique considérablement le faisceau.
Celui ci comprend quatre circuits principaux : celui d’éclairage et de signalisation, celui de charge, celui d’allumage et celui de démarrage.
II comprend un certains nombre de câbles, alimentant les différents appareils, tous (ou presque) étant commandés par interrupteur, dont certains associés à un voyant de contrôle.
Les principaux éléments ainsi alimentés sont :
Ces différents éléments sont commandés par un combiné, situé au guidon, le plus souvent à main droite (le combiné intègre souvent aussi le bouton de commande de l’avertisseur sonore).
Le feu stop est commandé par deux circuits associés l’un à la poignée de frein avant, l’autre à la pédale de frein arrière. Ces deux commandes agissent sur des contacteurs fermant les circuits lorsqu’on freine.
La batterie ne peut stocker une quantité importante d’électricité. Seule, elle serait rapidement épuisée, surtout lorsque des appareils gros consommateurs d’énergie comme le démarreur ou le(s) projecteur(s) sont en fonction. II faut donc qu’elle se recharge au fur et à mesure qu’on « tire » dessus et qu’on puise ainsi de l’énergie stockée. Le circuit de charge comprend les différents organes permettant la production d’énergie électrique, sa transformation pour assurer la recharge de la batterie en courant continu 12 V (plus rarement 6V).
Si les motos anglaises ont longtemps utilisé la dynamo comme génératrice, toutes les motos modernes fonctionnent avec un alternateur, comme les voitures. Produisant du courant alternatif non assimilable par la batterie, il doit être associé à un redresseur. Un régulateur commande l’alternateur en fonction des besoins lorsque des appareils déchargent la batterie. II la protège également en coupant la recharge lorsque celle ëi dépasse un certain seuil (14V en principe).
L’alternateur est constitué d’un aimant tournant (l’inducteur) à l’intérieur d’un bobinage de cuivre (induit). Cette rotation entraîne la formation d’un courant électrique changeant de sens à chaque demi tour de l’inducteur, porté par le rotor. La plupart des motos sont dotées d’un alternateur à balais.
Le redresseur est doté d’un ensemble de 4 diodes. Une diode, appelée aussi « cellule redresseuse », ne laisse passer le courant que dans un seul sens, ce qui permet de transformer le courant alternatif en courant continu acceptable par la batterie.