Deux ans après Quasar, à l’occasion du salon de Paris 1986, les ingénieurs Peugeot de La Garenne Colombes ont utilisé les réussites sportives de la fameuse 205 Turbo 16 pour renforcer, avec le concept Proxima, l’image de marque Peugeot sur les marchés internationaux. Plus encore que Quasar, Proxima est la voiture de rêve par excellence, totalement irréelle avec ses roues aux quatre angles de la carrosserie et son fuselage arrière.
Proxima est comme la 205 T 16 une quatre roues motrices dont la carrosserie est très largement réalisée en matériaux composites résines et fibres de carbone. Le cockpit, lui, est en polycarbonate. Le traitement esthétique s’apparente, comme sur Quasar, à celui d’une moto. Située derrière la cellule habitable, la mécanique affirme sa puissance.
Le moteur est un V6 multisoupapes de 2,9 litres en position centrale longitudinale, en avant des roues arrière, suralimenté par un double turbo. Résultat : une puissance de plus de 600 ch. L’alimentation et l’allumage de ce moteur sont gérés par un calculateur électronique contrôlant en permanence l’injection multipoints, la régulation de l’avance à l’allumage, du régime de ralenti, de la pression de suralimentation.
La boîte de vitesses de Proxima et son embrayage multidisques sont aussi gérés électroniquement et commandés par un petit levier à contacts électriques, placé sur la console centrale.
Pour une efficacité maximale, les ingénieurs Peugeot ont doté leur prototype d’un système à quatre roues autrices non permanentes. En clair, Proxima est une propulsion une vraie voiture de course qui devient une quatre roues motrices lorsque l’adhérence diminue. Pour assurer un freinage puissant, Proxima est équipée de quatre disques ventilés en fibres de carbone et sa suspension est elle aussi dérivée de la compétition. Enfin, pour éviter les frayeurs à grande vitesse, la pression des pneumatiques est régulée par un ordinateur central commandant un groupe électro compresseur.
Sous la grande baie du cockpit, l’habitabilité est celle d’un coupé 2 + 2. La planche de bord, très futuriste, est habillée d’une garniture unique de cuir rouge. L’habitacle paraît comme sculpté dans la masse, très lumineux. Mais, au delà du traitement intérieur, le plus impressionnant à bord de Proxima est incontestablement la présence de cinq écrans vidéo couleur sous la visière de la planche de bord. Géré par deux ordinateurs centraux de 40 méga, cet ensemble intègre même un clavier de commande. Face au conducteur, sont regroupées les informations essentielles la conduite : vitesse, régime moteur, pression des turbos, clignotants, etc. En cas de nécessité ou d’urgence, une information d’alerte est projetée directement sur le parebrise. Pour contrôler totalement l’environnement immédiat de Proxima, deux caméras sur les ailes avant et une à l’arrière envoient des images à bord. Et pour accroître encore la sécurité, un écran restitue l’image de l’écho radar et l’indication de la distance d’arrêt selon la vitesse et les conditions d’adhérence de la chaussée. Un système d’aide à la navigation, avec tracé d’itinéraire et niveau des encombrements, est installé à bord. Enfin, Proxima est équipée de feux arrière électroniques à diodes dont la surface éclairante du feu stop augmente avec l’intensité du freinage. Véritable laboratoire roulant, cet « enfant » d’ingénieurs dispose d’équipements que l’on retrouve aujourd’hui sur certains modèles de série, comme le système d’aide à la navigation par exemple. Mais tout le reste, et notamment l’habitacle digne d’un cockpit d’avion, est encore du domaine du rêve.