Renault rêve de luxe et de très haut de gamme. C’est en se souvenant de la fameuse 40 CV des Années folles, la seule et unique voiture de prestige que le constructeur français ait jamais construite, que Renault a créé son concept car Initiale. Cette limousine originale née en 1995, soixante dix ans après la « grande Renault », est apparue pour la première fois au salon de Bagatelle à Paris, haut lieu du luxe et de l’élégance automobile. Mais Initiale n’est pas seulement un concept de salon ; cette voiture de prestige affirme la volonté de Renault de revenir, à moyen terme, dans le créneau de l’automobile de prestige. « Cette berline de grand tourisme à l’ambition de véhiculer l’image de Renault dans le segment le plus prestigieux du marché, de formuler ses engagements mais aussi de refléter la maîtrise technologique. »
Les pères d’Initiale voulaient réaliser un objet extraordinaire qui rejette toute banalité. Le résultat est éloquent, même si la ligne générale ne fait pas l’unanimité. L’avant, par exemple, semble tout droit sorti d’un film de Mad Max.
Initiale est une voiture bi corps, dans la grande tradition Renault. Son style extérieur est fort et personnel, avec des flancs tendus, légèrement galbés, et des ailes très marquées pour traduire la puissance. La face avant est dépouillée, autour d’un gros losange posé au centre comme un bijou. Le traitement de la partie arrière est surprenant lui aussi ; le pavillon prolonge le large pare-brise, puis vient s’achever aux confins du coffre dont la porte est d’un type inédit. Celle ci n’intègre pas la lunette arrière mais s’ouvre en se déplaçant vers l’avant, recouvrant la vitre. Cette cinématique brevetée facilite l’accès à la malle dans laquelle se trouve un tiroir de rangement fermant à clé, permettant de dissimuler les objets de valeur.
Retour vers le futur ? Plus d’un demi siècle après la fameuse Renault 40 CV des Années folles, la firme au losange renoue avec l’automobile de prestige.
Pour s’installer à bord d’Initiale, l’immense porte s’ouvre et le siège du conducteur pivote automatiquement de 20 degrés. Lorsque la porte se referme, le siège se remet dans l’axe de la route et la colonne de direction, qui s’était relevée, redescend doucement. L’ambiance est douce, feutrée, très dépouillée. Une petite clé que l’on glisse dans une fente déclenche l’ouverture de la partie supérieure de la planche de bord, jusque là fermée comme un piano. Bois d’érable, cuir, verre dépoli pour les cadrans, écran de télévision. Pas de commande de boîte de vitesses puisque les rapports se passent à partir du volant. Un bouton, à droite, permet de « monter » les rapports, un autre, à gauche, de les « descendre ». La boîte est séquentielle, l’embrayage piloté et la traction intégrale. On est luxueuse jusqu’au bout des pare chocs ou on ne l’est pas du tout. Et, pour être à la hauteur du prestige affirmé dès le premier regard, c’est le moteur V10 de Formule 1 qui est dissimulé sous le long capot avant d’Initiale.
Développant 392 ch à 8 000 tr/mn, celui ci autorise des performances forcément exceptionnelles. Mais là n’est pas la raison d’être de ce concept car. Née pour annoncer les axes de recherche de Renault en matière d’automobile de prestige, Initiale doit avant tout offrir le luxe à ses occupants. A l’arrière, l’ambiance est celle d’un salon on peut y déguster du champagne, écouter la chaîne hi fi, ou visionner un film sur disque laser, grâce à la console centrale accrochée sous le pavillon panoramique. Fermez les yeux. Rêvez. Initiale glisse pour vous dans le royaume du luxe. Renault l’a créée pour jeter les bases d’une nouvelle dimension automobile, et mieux illustrer encore son fameux slogan « les voitures à vivre ».