Lorsqu’en 1988 Renault annonce la présentation d’un étonnant prototype pour le salon de Paris, le fameux slogan « les voitures à vivre » a moins de trois ans. Et l’Espace, la plus aboutie de ces voitures à vivre à l’époque, connaît un franc succès. Le concept car annoncé sera donc un « appartement roulant ». Mégane est une berline à quatre places, vaste, lumineuse, luxueuse et confortable, dont l’esprit tient en un mot : la mobilité.
Longue et large, la Mégane n’est certes pas un chef d’oeuvre du design mais sa fonctionnalité est étonnante. Ses quatre portes latérales, à ouverture commandée électriquement, coulissent pour s’ouvrir largement ; l’absence de pied milieu permet aux passagers de s’installer à bord ou de quitter le véhicule avec un maximum d’aisance. A l’intérieur, les sièges avant peuvent pivoter celui du conducteur, de 60 degrés, pour permettre d’accueillir les occupants des places arrière ; le siège du passager pivote, lui, de 180 degrés. Les fauteuils arrière peuvent s’incliner en position repos et la « bulle » de lunette arrière recule de 35 cm pour dégager un volume supplémentaire dans l’habitacle. Pour charger les bagages, les concepteurs de Mégane ont inventé un plateau coulissant, qui évite les efforts inutiles. Et pour démarrer, Mégane utilise le boîtier de télécommande à infrarouge servant à l’ouverture des portes. Installé sur le tableau de bord, celui ci déconnecte l’alarme et déclenche le réglage automatique du poste de conduite.
Véritable vaisseau d’autoroute, équipée d’un système audio vidéo intégré de très haute performance, Mégane dispose sous le capot d’un moteur V6 de 3 litres turbocompressé, développant 250 ch et permettant d’atteindre la vitesse maxi de 250 km/h. Pour améliorer le comportement routier et accroître la sécurité, les « pères » de cette voiture à vivre pas comme les autres l’ont équipée de quatre roues directrices et motrices, d’une suspension à pilotage électronique et d’une boîte de vitesses à double commande : manuelle ou automatique.
A bord de Mégane, pour doubler un camion, inutile de chercher les rétroviseurs. Il n’y en a pas. Ce concept car est équipé de trois caméras de rétrovision qui, en améliorant l’aérodynamisme du véhicule, permettent une excellente vision de l’environnement immédiat : deux micro caméras latérales et une autre à l’arrière, près des feux. A bord, le conducteur peut sélectionner le champ de vision souhaité, à droite pour se rabattre ou à l’arrière pour doubler ou reculer. Deux écrans plats LCD, placés au niveau du regard du conducteur à chaque extrémité du tableau de bord, permettent de visualiser les images. Mégane sait également apporter au conducteur de précieuses informations pour faciliter les voyages Un système embarqué d’aide à la navigation permet 1e consulter sur un écran tactile placé sur la console centrale les possibilités de stationnement dans la ville, les encombrements des routes, ou encore de se renseigner sur la disponibilité de chambres d’hôtel. Un téléphone intégré permet évidemment d’effectuer directement ses réservations.
Mégane, véhicule laboratoire qui annonçait en 1988 les directions dans lesquelles souhaitait s’engager Renault, fut certainement le concept le plus visité du salon de paris. mais il fallait bien connaître ses secrets pour pouvoir apprécier toutes les subtilités de l’aménagement et de la technologie.