Le rêve peut avoir un prix. Pour preuve, cette voiture ludique signée Renault et dévoilée au salon de Genève de 1995. Annoncé à 200 000 F, le Spider Renault a créé une belle surprise dans le microcosme automobile. Par sa réalisation d’abord, véritablement superbe et très excitante. Mais aussi par son origine, Renault, un géant industriel habitué davantage à la fabrication de voitures de grande série qu’à la réalisation d’engins marginaux.
Cette deux places, qui offre des sensations proches d’une moto, a été réalisée en l’occurrence par la division sportive du constructeur, Renault Sport, à laquelle on doit les monoplaces de Formule 1.
Évoquant les Alpine des années soixante, le Spider Renault est en aluminium et en polyester ; le moteur, placé transversalement en avant de l’essieu arrière, repose sur une suspension pendulaire. Il s’agit du bloc 2 litres de la Clio Williams qui développe 150 ch et offre un rapport poids/puissance étonnant de 5,2 kg/ch. Conçu pour le plaisir à l’état pur, le Spider a également été pensé pour la compétition. Renault veut s’en servir pour promouvoir son image sur les circuits. Équipé d’une boîte de vitesses à cinq rapports et d’une suspension spéciale ressorts très inclinés accrochés au sommet du tablier à l’arrière et disposés horizontalement à l’avant ’ ce « scarabée » Renault offre un comportement routier exceptionnel. Plus à l’aise sur un circuit que sur une route, il peut néanmoins parfaitement s’insérer dans la circulation. Très exclusif avec son arceau imposant, son absence de toit et de capote, il n’a besoin que de soleil pour être agréable.
A bord, l’instrumentation sobre en aluminium ou peinte dans la couleur de la caisse rappelle celle d’une moto deux gros compteurs collés l’un à l’autre, un petit volant que l’on a bien en mains et une position de conduite digne d’une barquette. Le Spider est un jouet merveilleux dans lequel on s’installe après avoir ouvert les portes en élytre. Spectacle garanti.
Docile mais très vif, il donne d’excellentes sensations de pilotage, un peu à la manière d’un kart. Sa particularité de ne pas posséder de pare brise mais un simple « piège à vent » une fente, à la base du pare brise, absorbe l’air et le rejette verticalement en rideau devant le visage des deux occupants , oblige au port de lunettes. Une version plus « civilisée » sera proposée avec un mini pare brise et quelques équipements supplémentaires.
Ceinturé de gris à l’extérieur, campé sur ses grosses et très belles roues, le Spider au losange est une vraie voiture de rêve faite pour sillonner la Côte d’Azur au mois d’août. Séduction assurée, pour un prix raisonnable !